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Article paru dans Nice Matin du 11 janvier 2007

Cet article, annonçant la création d'un centre de tri-compostage au col de Castillon nous a amenés à commencer amorcer le regroupement en Collectif des Associations de Défense de l'Environnement des Vallées.
Notre collectif ne conteste nullement qu'un tel centre de tri soit indispensable dans l'est du département, mais pour quelles raisons obscures n'y a-t-il eu à l'étude qu'un seul et unique projet, qui plus est, complètement aberrant ?
Trés tôt, les Castillonnais (avec l’APCS) se sont mobilisés contre ce projet initié par leur maire. Souvent remanié (2500 m2 à l’origine) son ampleur réelle et ses conséquences n’ont jamais été dévoilées.
Est-ce parce que le Maire de Castillon a décidé d'immoler "sa" commune sur l'autel de l'intérêt général qu'il faut arrêter là toute autre étude de faisabilité et imposer un incessant ballet d'énormes camions aux nombreux riverains et usagers de la D 2566 ?

D’autres associations consultent actuellement leurs adhérents pour nous rejoindre....
Car les raisons de s’opposer à ce projet dès sa phase d'étude initiale sont légion.

 

Les chiffres

Est ce donc le dernier cri en matière d'écologie que de transporter par la route plus de 60 000 T/an d'ordures ménagères ? Et cela sans compter qu'il faudra redescendre par la même voie une quantité quasi équivalente :
- les résidus et déchets ultimes
- le compost produit (pas de débouchés en moyenne montagne)
- les différents matériaux triés (verre, cartons, plastiques, etc.) qui auront fait le voyage uniquement pour se faire trier au bon air.
Nous avons contacté un transporteur spécialisé dans ce secteur, voici les caractéristiques de ces «monstres» : semi-remorque de 23 tonnes à vide, 2,50 m de large, 3,70 ou 3,80 m de haut, 2 ou 3 essieux, en charge utile, c’est -à-dire 20 tonnes, ils atteindront 43 tonnes. Ils empièteront sur plus de la moitié de la chaussée, les parapets ne résisteront pas longtemps, tout comme le revètement de la chaussée. Il est même fort probable que ces camions ne seront pas retenus car trop imposants, il y en aura donc davantage de plus faible tonnage.
Le problème majeur de l'acheminement par camions de gros ou moyen tonnage sur une route étroite et sinueuse de montagne aurait dû mettre un terme aux premières études.
Plutôt que de s'évertuer à passer par une route de plus en plus dégradée dont les usagers (notamment les cars scolaires) peinent chaque jour à croiser un nombre de camions en constante augmentation, il eût été plus logique de chercher un site proche des principaux centres de production et desservi par un axe routier ou (encore mieux) ferroviaire conséquent.

Une zone classée Natura 2000

On peut en effet s'interroger quand on voit naître un tel projet (10000 m2 de béton) dans une zone classée au titre de la directive «habitats, faune, flore» en 1998 et désignée comme site d’importance communautaire par décision du 19/06/06 (JOCE du 21/09/06).
Voir en annexe la lettre de Madame la Ministre de l’Environnement et du Développement Durable.
Plusieurs espèces d’animaux et de plantes remarquables ou en voie de disparition totale, pour lesquels l’Union Européenne a pris des mesures particulières, vivent sur ce site
Voir dossier Natura 2000 en annexe.
Est-ce à dire que certains élus s'acharnent à défaire ce que leurs collègues viennent de mettre en place ?
De plus, les sources du Merlanson qui naissent en contrebas ne seront pas à l’abri d’une pollution accidentelle.Cette rivière alimente la Bévéra qui se jette dans la Roya, celà entraînerait une contamination du bassin Roya-Bévéra reconnu comme bassin hydrologique remarquable. Nous alertons nos voisins italiens.
En outre, le PPR (Plan de prévention des Risques) souligne le danger d’incendie dans cette zone.
Enfin est il utile de rappeler que le col de Castillon est une zone à risque sismique important puisque l’ancien village a été détruit le 23/02/1887, d’où la reconstruction du nouveau village sur un autre site moins exposé. Or, l’implantation du site industriel se ferait à une centaine de mètres en contre-bas.

Nous ne sommes absolument pas opposés à la création d’un site de retraitement des déchets.
Nous demandons seulement que des études sérieuses soient menées qui tiennent compte:
1) du réseau actuel et futur de transport : autoroutier et ferroviaire. Nous serions les premiers à ajouter le problème de l’acheminement au nombreux problèmes générés par ce type d’usine. Or, le Code de l’environnement (art. L 541-1-al.2) précise clairement qu’il convient «d’organiser le transport des déchets et de le limiter en distance et en volume».
2) des zones écologiques préservées
3) de la présence d’une activité agricole importante traditionnelle et biologique. Il ne faut pas entraver les efforts fournis par les agriculteurs et les artisans pour atteindre un pôle d’excellence biologique et artisanal avec des labels qualité.
4) De l’intérêt général et de la bonne gestion de l’argent public : Nombre d’usines ont dû fermer peu après après leur mise en service pour défaut d’étude ou parce qu’elles ne répondaient pas aux nouvelles normes ...
Il serait donc impératif de confier l’étude de faisabilité et de fiabilité à un organisme indépendant, techniquement compétent, afin que le choix ne se révèle impropre au bout de quelques mois de fonctionnement.

Pour une véritable information

De telles orientations impliquant plusieurs communes ne doivent pas être prises en secret.
Nous demandons enfin une véritable information, des débats-rencontres avec les populations de la CARF, et non pas que l’on nous assène, par voie de presse, un projet ubuesque et pharaonique, comme une cause entendue.
La Charte de l’Environnement adoptée par nos parlementaires réunis en congrès le 28 février 2005, fait obligation de respecter le droit «d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement». Rappelons que cette Charte a valeur constitutionnelle.
Le Code de l’Environnement (art. L 541-1-al 4) oblige également «d’assurer l’information du public sur les effets pour l’environnement et la santé publique des opérations de production et d’élimination des déchets».
L’environnement nous concerne tous !