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Article Nice-Matin du 02/03/2007 (pdf)
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Article du DIARIO
Article paru en Italie sur l'hebdomadaire national DIARIO le 27 avril 2007, écrit par  par Paolo ODELLO.
On ouvre la décharge ici et on pollue l'eau, là.

Où finiront les déchets de la Côte d'Azur ?

Près d'une nappe phréatique, sans faire de bruit.

Transporter et traiter en montagne les déchets produits sur la côte -et pas n'importe laquelle, la Côte d'Azur- pour résoudre les problèmes d'élimination des ordures dans les villes. Et enfouir les résidus du traitement dans quelque vallon peu habité et suffisamment éloigné de terrains encore constructibles. Si le choix du site fait courir un risque au réseau qui dessert les milliers d'habitants français et italiens sur cette même côte, peu importe : face à la nécessité et à l'urgence, la protection de l'eau et de l'environnement passent au second plan. L'objectif est autre, déclaré clairement dans le projet préliminaire : « évoluer vers une gestion technique et économique cohérente des ordures axée sur des principes de valorisation optimale des matériaux, de stockage des déchets ultimes et de limitation des transports de ce type de produits ».

Nous sommes en France et la côte en question, c'est la Côte d'Azur justement: vu les dates prévues pour la fermeture des installations de traitement en activité (Principauté de Monaco et Glacière à Villeneuve-Loubet en 2010, Nice en 2012) celui des vallées de la Roya et du Careï, Alpes Maritimes françaises, à l'abri de la frontière italienne, semble être la solution idéale. D'où les projets prévus : un centre de stockage des déchets ultimes à Piène-Haute (51 hectares) et un centre de compostage au Col de Castillon ( 10 000 m2). Les deux sont dictés par la même nécessité et par la même urgence : résoudre le problème d'élimination des déchets urbains dans la zone Est de la région PACA.

« Le centre de Piène-Haute se situerait à environ 1,8 km de la Roya et 1,5 km de la Bévéra, à 125 m d'un torrent dénommé ruisseau de Scuisse, qui se déverse dans la Bevera, le plus grand affluent de la Roya », explique Marc Mazzola, maire d'Olivetta San Michele, commune du versant italien et directement attenante au site défini par la Sita Sud[1] pour enterrer le rebut des déchets traités ailleurs. « Cependant dans l'étude préliminaire, pas une ligne non plus sur le fait que des milliers de citadins boivent précisément cette eau ».

Le Comité italo-français pour la défense des eaux de la Roya lui fait écho, mettant l'accent sur le silence qui a soudainement masqué l'événement dans son intégralité. L'alarme s'est déclenchée en juillet dernier mais depuis, après la flambée de novembre 2006 avec l'ordre du jour voté à l'unanimité au conseil provincial d'Imperia, les interrogations urgentes au conseil régional et la demande d'informations envoyée au-delà des Alpes par le ministre de l'Environnement, les dangers potentiels du centre de stockage ont été oubliés. Et les principales villes de la côte italienne restent aussi muettes. Vintimille, Sanremo et Imperia sont parmi les principales utilisatrices du canal de la Roya, mais ne prennent pas position. Sur le versant français cela ne va pas mieux où, à l'occasion de la tournée électorale, on navigue entre des accélérations imprévues et des arrêts soudains.

Le président de la CARF, Jean-Claude Guibal semble décidé à calmer les esprits en parlant de « négociations déjà avancées avec l'incinérateur de Monaco pour une récupération totale des déchets ultimes », cependant que Daniel Duchassin, maire de Castillon, relance comme « vitale pour l'est du département la réalisation d'un centre de compostage au Col de Castillon ». Officiellement les deux sites ne sont pas liés et ne semblent avoir rien en commun, si on exclut que tous les deux figurent parmi les zones d'intérêt communautaire à cause de leur contexte naturel particulier et que tous les deux sont affectés d'un degré de sismicité moyen. Les mettre en relation pourtant, peut aider à comprendre l'obstination avec laquelle se poursuivent, alternativement, les deux projets. Réaliser le second rendrait inévitable de construire aussi le premier, vu la volonté affichée d'une gestion économique cohérente. « Si un centre de compostage produit comme résultat final un certain pourcentage de déchets non traitables, les mêmes dont ne sait déjà aujourd'hui où et comment les éliminer, il est inévitable de se demander quelles routes emprunteront ces produits à partir du Col de Castillon ? », se demandent les habitants de la vallée. Et chez lesquels on se risque à une autre clef de lecture : « Le vrai problème est de chercher la construction de nouvelles routes capables de supporter le poids de véhicules lourds chargés de tonnes de déchets ». Les mêmes questions ont été formulées aussi à la Sita Sud , pôle propreté du groupe Suez, qui pourtant se réfugie dans un sec « no comment ».

Impossible de ne pas se poser la question habituelle : comment faire face à une production de déchets en continuelle progression ? Des réponses rapides et rentables sont l'unique donnée certaine de ce problème. Qualité de l'eau et protection de l'environnement ensuite : avant ou après elles deviendront une affaire.

Paolo Odello

Traduction Charly Perisi

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[1] Filiale de Suez = STAN (Languedoc) + DECHETS

 
 

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